Publié par : youssefdebbagh le : novembre 28, 2011
Salut à tous, cela faisait pas mal de temps que je voulais écrire un article sur ce qui se passait dans la scène politique marocaine, le dernier article que je voulais écrire et que je regrette de ne pas l’avoir fait, c’est à la veille du scrutin, et que j’allais intituler “Pourquoi le PJD va gagner demain”. À la place je me suis simplement contenté d’un post le vendredi à 10h25 du matin sur Facebook
Bref, j’arrête de vous saouler avec mon “je le savais avant” et je vous parle d’un sujet qui est encore d’actualité, soit la position qui sera adoptée par les partis de gauche marocaine.
Et bien pas parce que je suis de gauche par entêtement idéologique mais parce que je pense que c’est le modèle de société qu’il faut pour le Maroc à moyen terme car sinon nous commettrons l’erreur qu’ont commise certains pays de l’Amérique centrale et du sud il y a 30 ans en choisissant la voie de l’ultralibéralisme et qui subissent, aujourd’hui, la violence armée d’une société ultra inégalitaire et ou il faudra se déplacer en gillet par balle et avec son garde du corps.
L’autre raison est qui n’est plus un secret pour personne, c’est que j’ai été en charge de la cellule Internet du PPS (Parti du progrès et du socialisme) et ce à titre professionnel (c’est à dire que je ne suis pas membre du parti) afin de les aider dans leur présence sur Internet et les réseaux sociaux. J’ai donc aussi vécu cette campagne de l’intérieur d’un parti politique.
OK maintenant que je vous avez compris pourquoi je m’interesse à la gauche , je vous livre le fond de ma pensée et qui est la suivante:
Pour continuer à exister les partis de gauche doivent se constituer en pôle et ne doivent pas participer au prochain gouvernement s’ils veulent gouverner un jour
Je pense que la décision la plus intelligente à prendre de la part des partis de gauche, et plus précisement ceux de la Koutla, à savoir l’USFP et le PPS, c’est de ne PAS PARTICIPER au prochain gouvernement et d’avoir une vision longtermiste en se positionnant pour les prochaines élections législatives de 2016. Et voilà pourquoi:
-Clarification du positionnement des partis de gauche. Déjà que les citoyens ne comprennent pas trop ce que fait un parti de gauche tel le PPS avec le parti Istiqlal dans le cadre de la Koutla, ils comprendront moins une alliance d’un parti socialiste de gauche tel l’USFP avec un parti islamiste conservateur comme le PJD.
-Une bonne partie de l’électorat de gauche n’est pas allé voter car ne se reconnaissant plus dans le positionnement des partis dits de gauche. Entre l’incompatibilité de fond de la Koutla et celle de l’adhésion des partis de gauche (Parti socialiste, Parti de la gauche verte et Parti travailliste) à l’alliance pour la démocratie emmené par le RNI, l’électeur de gauche est complètement pommé
-Si on additionne les résultats des partis de gauche, on arrive quand même à 64 sièges, sachant qu’une bonne partie de l’électorat de gauche n’a pas voté
USFP (39) + PPS (18) + Parti travailliste (4) + Parti de l’environnement et du développement durable (2) + Front des forces démocratiques (1) = 64 sièges
De plus, 2 partis d’extrême gauche, à savoir le Parti socialiste unifié (PSU) et le Parti d’avant-garde démocratique et socialiste (PADS) ont boycotté les élections et étant donné leur proximité avec les mouvement du 20 Février, peuvent constituer une bonne masse électorale.
C’est pour cela que dans ce contexte de polarisation, la création d’un pôle de gauche est une opportunité inespérée pour les partis de gauche s’ils veulent continuer à exister et à faire entendre leur voix, sinon et bien on se rappelera du gouvernement Youssoufi comme le dernier gouvernement de gauche qu’ait connu le Maroc…
Certains d’entre vous me diront que étant donné les rancoeurs qu’entretiennent certains partis de gauche du fait de scission ou de différences idéologiques, celà est quasi impossible…Et bien moi je leur répond que pour y arriver, il faut des femmes et des hommes qui ont une vision et qui ont un rêve commun, celui d’une gauche marocaine unie et aux commandes du pouvoir.Il serait fier de vous
Pour finir je vous laisse avec ce documentaire (portugais sous-titré en espagnol) d’un grand homme de gauche, LUIS IGNACIO LULA DA SILVA: